"«LE MONDE SE REPOLARISE, ET LA ROUMANIE DOIT COMPRENDRE LES NOUVELLES RÉALITÉS»"-BUCAREST HEBDO

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Luni, 17/10/2016

Poutine et Erdogan veulent constituer un fond commun d'investissements, avec un capital d'un milliard de dollars
Le monde se repolarise - Les Etats-Unis et l'UE d'une part, et la Russie, la Turquie, l'Inde, la Chine en partie, le monde arabe, d'autre part, opine l'analyste économique Ionel Blanculescu, qui est d'avis que la « Roumanie doit devenir intelligente et comprendre ces nouvelles réalités », sinon elle restera dans un véritable cône d'ombre, ce qui va se traduire par la stagnation et le coincement économique à long et moyen terme ». 
L'humanité se trouve dans un moment crucial, et le secteur de l'énergie passe par une transition fondamentale, imposée par le développement alerte des nouvelles technologies ayant des effets nuisibles sur l'environnement au niveau global, affirme Ionel Blanculescu, Senior Advisor chez Global Resources Partnership, pour la Roumanie, la Turquie et les pays du Centre et du Sud-Est de l'Europe.
 
Présent, la semaine dernière, au 23e Congrès Mondial de l'Énergie, organisé à Istanbul, celui-ci attire l'attention que pendant les décennies à venir, cette transformation profonde du secteur changera de manière radicale notre manière de produire et de consommer l'énergie : « Les gouvernements, l'industrie, les inventeurs et la société dans son ensemble sont appelés à répondre à ces défis de plus en plus complexes. L'industrie énergétique a maintenant la chance historique de se constituer dans une nouvelle force de la révolution industrielle. Les leaders et la société humaine dans son ensemble devraient embrasser les nouvelles réalités et faire tous les efforts pour l'innovation continue, tout en maintenant à la fois un cadre stable nécessaire aux investissements. 
Il est ainsi nécessaire de sortir de l'état où l'on est actuellement, au moins en ce qui concerne les investissements majeurs dans l'énergie et l'industrie, à savoir celui d'attendre les investisseurs intéressés, d'attendre les ressources financières, d'attendre toujours quelqu'un qui fasse quelque chose, de sorte qu'on puisse changer cette habitude en attirant les nouveaux investisseurs ou les investissements dans notre économie, tout comme, dans le cadre de ce Congrès, le faisaient les géants industriels et énergétiques du monde, qui ne voyaient rien de bizarre et de spécial de se déplacer de New York, Londres, Moscou, Riad, Rome, Paris ou des autres grandes métropoles du monde, pour se rendre à Istanbul, au Congrès Mondial de l'Energie et obtenir encore et encore de nouveaux contrats.
Pour réaliser la nouvelle vision pour un avenir énergétique durable, le dialogue des facteurs de direction à tous les niveaux est impérieusement nécessaire. La présence des noms importants à ce congrès va créer le cadre nécessaire pour la poursuite du dialogue entre les leaders de l'énergie, au cours de ces journées. » Le Congrès Mondial de l'Energie qui se déroule du 9 au 13 octobre, accueille plusieurs chefs d'états et de gouvernements et des personnes importantes dans le domaine de l'énergie.
Ce congrès est très important pour la Turquie et la Russie qui cherchent ensemble, des modalités d'avancement du projet Turkish Stream, nous a transmis Ionel Blanculescu. Conformément à celui-ci, avant l'ouverture des travaux, Berat Albayrak, le Ministre turc de l'Energie et des Ressources Naturelles, a affirmé : « Mon opinion est que pendant le congrès de la semaine prochaine (n.r. cette semaine) nous aurons beaucoup de discussions concernant le Turkish Stream ».
Vladimir Poutine a exprimé lundi son intention de mettre en œuvre le projet Turkish Stream, selon la communication de Monsieur Blanculescu, qui nous a précisé qu'on mène encore des précisions sur le sujet.
Ce projet a vu le jour en 2014, sur la suggestion du président de la Russie, Vladimir Poutine pour le transport des gaz naturels en dessous de la Mer Noire en Turquie, après l'échec du projet initial de gazoduc à travers la Bulgarie, sur le fond de l'opposition des pays de l'Union Européenne. En même temps, la Russie construit aussi la première centrale nucléaire de la Turquie. 
Ionel Blanculescu ajoute aussi: « L'énergie nucléaire a surmonté l'obstacle Fukushima et s'engage dans une nouvelle voie, la nouvelle époque nucléaire, programmée au moins avant la perspective des années 2050, lorsqu'on devrait assurer 25% du marché d'électricité du moment, par la construction jusqu'alors de 1000 GW. Il est important d'observer la réaction de l'Allemagne et si celle-ci change d'avis en ce qui concerne la fermeture des capacités nucléaires avant la fin de 2021. » 
Monsieur Blanculescu nous a précisé, en citant le porte-parole de Kremlin, que la rencontre entre le président de la Turquie Recep Tayyip Erdogan et le président de la Russie Vladimir Poutine, dans le cadre du Congrès Mondial de l'Energie, va se concentrer sur le rétablissement des relations russo-turques sous tous les aspects : « Dans le cadre des discussions, les deux leaders ont convenu « d'accélérer les travaux » afin de construire des projets communs vitaux, comme le gazoduc Turkish Stream et le centrale nucléaire d'Akkuyu, conformément aux déclarations du président turc. Avant les déclarations des deux leaders à la presse, un accord intergouvernemental concernant le gazoduc Turkish Stream a été signé dans leur présence. Concernant la signature de cet accord, Poutine a déclaré que Moscou et Ankara avancent dans leurs projets de créer un hub, un centre énergétique majeur en Turquie. Recep Tayyip Erdogan, le président du pays organisateur, a déclaré que la solution des problèmes de déficit et d'assurer des provisions représente un premier pas pour la solution des problèmes les plus perturbants de la région. « Si l'on ne résout pas les problèmes énergétiques, on ne pourra résoudre aucun autre problème », a-t-il affirmé, dans son discours dans le cadre du Congrès. Le leader turc a continué de mettre en évidence que l'énergie est un moyen de propager la prospérité dans le monde : « L'approche de la Turquie n'est pas déterminée par les ressources naturelles ou par l'intérêt personnel. Nous nous sommes engagés de renforcer les relations avec l'Afrique Centrale et du Nord, sur la base des principes et des valeurs humanitaires ». 
L'une des craintes majeures du congrès a été soutenue par le président russe, Vladimir Poutine, qui a affirmé : « Notre but commun est d'offrir à tous les gens du monde accès aux ressources modernes d'énergie. A ce jour il y a deux milliards de gens qui n'ont pas accès à de telles ressources. » 
Un autre projet russo-turc vise la constitution d'un fond commun d'investissements, avec un capital d'un milliard de dollars, selon le Ministre turc de l'Economie, Nihat Zeybekci. Les fonds d'investissements des deux pays vont offrir, chacun, 500 millions de dollars pour la création du fond d'investissements et la constitution du capital, avec la possibilité de majorer celui-ci à plus d'un milliards de dollars si besoin. 
Avant l'ouverture des travaux, le Conseil Mondial de l'Energie a émis une déclaration par laquelle il a demandé au secteur énergétique d'embrasser une opportunité historique de redéfinir le contrat énergétique. 
Le Conseil Mondial de l'Energie est le plus grand réseau global de leaders d'énergie de presque 100 pays qui réunit plus de 3 000 d'organisations de la communauté énergétique, comprenant le secteur privé, le secteur gouvernemental, l'environnement académique et les investisseurs. Le Conseil est dédié à la création d'un système énergétique fiable, durable, à des prix accessibles pour le plus grand bénéfice de tout le monde. 
Les scénarios énergétiques mondiaux sont parmi les sujets les plus importants qui ont été discutés lors du premier jour du congrès à Istanbul. 
L'une des conclusions est que la demande globale d'énergie doit diminuer.
La demande d'énergie par habitant atteindra le point culminant avant 2030, conformément à un rapport récent du Conseil Mondial de l'Energie, lancé dans le cadre du congrès. 
Le rapport sur les nouvelles résiliences cybernétiques a fait aussi le sujet des débats lors de l'événement, montrant que le secteur énergétique représente la cible principale pour les attaques cybernétiques.
L'approche des risques cybernétiques du secteur énergétique est essentielle non seulement pour la sécurité énergétique, mais elle est aussi vitale pour avoir un état et une économie résiliente, montre aussi Monsieur Blanculescu, en précisant : « Le rapport du Conseil Mondial de l'Energie met en évidence le fait que les sociétés du secteur énergétique ont enregistré une hausse massive du nombre d'attaques cybernétiques au cours de l'année passée. » 
Celui-ci souligne aussi que les ressources renouvelables d'énergie, y compris l'hydro énergie, représentent, actuellement, plus de 30% de la capacité totale d'énergie installée au niveau mondial et 23% de la production mondiale totale d'énergie électrique. Les dix dernières années, l'énergie éolienne et les panneaux solaires photovoltaïques ont connu une croissance moyenne annuelle explosive, de 23%, respectivement 50%. Malgré cela, la contribution combinée de celles-ci à l'offre globale d'énergie électrique est, actuellement, de seulement 4%.
Autres sujets débattus à Istanbul ont été l'identification des opportunités d'affaires (en se concentrant sur le management des ressources et les modalités de répondre aux nouveaux défis d'adaptation et d'innovation afin d'assurer un système énergétique sûr et fiable) ; des modèles innovateurs d'affaires ; la dynamique globale des marchés dans le domaine ; la gestion et l'atténuation des risques météorologiques extrêmes etc. 
L'apparition des nouvelles technologies dans le domaine de l'énergie intelligente et l'impact des changements de comportement des clients apportent des transformations dans le secteur énergétique, ainsi que de nouveaux défis pour les modèles conventionnels de réflexion centralisée et aux modèles d'affaires, souligne aussi Ionel Blanculescu, tout en appréciant que, ainsi, un nouveau monde du management de l'énergie s'annonce. « La perspective d'un réseau d'utilités avec une aire de distribution beaucoup plus étendue offre des promesses sur plusieurs niveaux, mais il est probable que nous ne voyions que les débuts de ces changements », continue l'analyste, en ajoutant : « Vu le besoin d'énergie de plus en plus grand au niveau global et les pressions pour passer aux sources d'énergie avec un contenu diminué en CO2, le marché des gaz naturels et des gaz naturels liquéfiés (GNL) continue de s'élargir. Conformément à une étude du Conseil Mondial de l'Energie, les sources non conventionnelles d'énergie sont devenues à présent un phénomène global, à caractère transformationnel pour les marchés de GNL: la diversité de l'offre et la concurrence accrue ont conduit à une plus grande profondeur du marché. La croissance des livraisons de gaz non conventionnels, en principal des gaz de schiste des Etats-Unis et de charbon pate méthane de forage d'Australie ont une contribution de plus en plus accrue sur le marché mondial de GNL, en le transformant, par les évolutions dramatiques des prix en Asie mais pas seulement. Les premières livraisons de GNL des Etats-Unis en Asie ont montré que l'impacte de la révolution des sources non conventionnelles d'énergie ne se limite pas aux marchés régionaux. » 
L'industrie énergétique traverse une transformation extraordinaire et doit opposer résistance face aux nouveaux risques qui augmentent sans cesse, apprécie aussi celui-ci, en concluant que les travaux du Congrès Mondial de l'Energie considèrent comme étant prioritaires les trois domaines de résilience : la croissance de la concurrence pour l'eau et la restriction d'énergie, d'eau et de produits alimentaires ; la multiplication de la fréquence des événements météorologiques extrêmes et l'exposition à ceux-ci, le numérique en ascension et l'interconnexion avec l'exposition aux risques cybernétiques. 
La session de discussions a exploré les solutions d'infrastructure, de financement et de politiques nécessaires à la préparation pour la « nouvelle normalité », afin d'assurer l'augmentation de la résilience du système énergétique.

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