IONEL BLANCULESCU : „LE SYSTÈME BANCAIRE EUROPÉEN NE RETROUVERA TOUJOURS PAS SA FORME, L'ANNÉE PROCHAINE"-BUCAREST HEBDO

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Luni, 14/12/2015

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Les experts roumains et internationaux ont des opinions différentes quant à l'évolution de l'économie européenne en 2016, avec une grande diffusion des points de vue. 

L'analyste économique Ionel Blanculescu souligne que nous pouvons parler en ce moment d'une mosaïque d'opinions, de conceptions, de pensées, de visions, générées par des situations uniques - du moins dans les derniers cent ans -, allant du conflit au Moyen-Orient à la polarisation militaire sans précédent des deux pôles de force militaires : OTAN - Fédération Russe, avec leurs alliés respectifs, de la crise mondiale apportée par l'organisation terroriste État Islamique à la crise des réfugiés, le tout, après une crise elle aussi unique, celle économique et financière, dont les causes n'ont toujours pas été complètement élucidées et encore moins écartées, mais plutôt cachées sous le tapis.

 

Dans cette nébuleuse d'idées et de pensées quant à l'année 2016, il est tout de même possible d'extraire quelques idées claires, souligne le spécialiste et ajoute, en énumérant : 

„1. Le recul économique de la Chine, les problèmes auxquels elle est confrontée et qui ont fait réverbérer la crainte économique à travers le monde entier en particulier à cause de la baisse de la consommation industrielle au niveau global, ne vont pas aboutir à une crise d'ampleur se disséminant au niveau mondial, grâce aux autorités de l'état chinois qui semblent détenir la solution magique pour tenir les effets négatifs sous contrôle, grâce à l'interventionnisme dur, allant jusqu'au niveau des détails, exercé sur tout aspect relevant de l'économie et des finances chinoises ; 

2. Dans l'ensemble, l'année 2016 sera positive, de croissance économique, qui donnera satisfaction aux bénéficiaires des profits dégagés par les activités économiques et surtout financières ; 

3. Pour l'Union Européenne, l'année 2016 sera difficile, de stagnation dans les grands problèmes auxquels elle est confrontée, allant de la crise des réfugiés à celle de Volkswagen, des problèmes d'ordre existentiel de la Banque Centrale Européenne au système bancaire européen, qui n'a pas retrouvé sa forme et ne va toujours pas la retrouver dans cette nouvelle année ; 

4. Le milieu des affaires dans son ensemble portera pour la première fois en pleine vue le stigmate des risques associés aux affaires menées, risques qui seront pratiquement impossibles à gérer et à anticiper, comme c'était le cas jusque là, ce qui produira des dommages gigantesques et non pas dans le temps, comme nous étions habitués, mais parfois du jour au lendemain. Vous voulez un exemple ? Comment les entreprises de la Fédération Russe situées aux bords de la Mer Noire feraient-elles face à la fermeture, pour elles, de l'accès à travers les détroits du Bosphore et des Dardanelles, du jour au lendemain ? Et les exemples peuvent continuer à un rythme alerte ! 

5. Le prix des ressources naturelles retrouvera un niveau quasiment acceptable, pour des raisons exclusivement politiques. Vraisemblablement le prix du baril de pétrole se stabilisera à 60 USD/baril ou va varier entre 60 et 70 USD/baril. Quoi qu'il en soit, les tendances dans cette zone extrêmement touchée en 2015 se modifieront dans le sens de l'augmentation générale des prix des matières premières, parvenant ainsi à offrir à de nombreuses méga-affaires au niveau global (voir le cas de Glencore) la boule d'oxygène salvatrice, avant la noyade. 

6. Nous pourrions aussi assister à la naissance d'une vedette du redressement économique, en 2016 : l'Amérique du Sud. Apparemment, pour ce quartier du monde mis à rude épreuve ces dernières 10 à 15 années, les planètes de la politique se sont alignées, ce qui constituera par ailleurs une véritable opportunité d'investissement et d'ouverture des marchés pour le milieu d'affaires roumain ; 

7. Cependant, la vedette incontestable de l'année 2016, avec de bons taux de progression économique et un potentiel massif devenu réalité sera, sans aucun doute, l'industrie médicale, vu que la population mondiale vieillit à un rythme accéléré et que par conséquent, la demande de traitements contre le cancer va augmenter à son tour à un rythme accéléré, tout comme dans les autres domaines qui relèvent effectivement de la sécurité de la vie. 

Les sociétés de la santé, qui ces dernières années ont concentré leurs efforts et capitaux dans la recherche et le développement, arriveront à faire face à la demande générale, qui connaîtra une véritable explosion dans la nouvelle Chine riche, et auront une offre sur mesure, en ce qui concerne le concept d'une „vie plus saine". Vous voulez un exemple là aussi ? Le voici : En Chine, 1,5 millions de personnes meurent chaque année à cause de la pollution et par voie de conséquence, des affaires extrêmement intéressantes et certainement très profitables sont en train de se développer pour traiter ces cas en Europe, en plus du Japon et, bonne nouvelle, même en Roumanie. Je vais y revenir ; 

8. Il y aura aussi des victimes en 2016, apparemment, parmi les startups, qui auront assez de mal à naviguer, avec leurs petits canots, parmi les navires des géants mondiaux, sur un Océan Planétaire extrêmement agité, avec de nombreuses turbulences. 

Certes, il ne faut pas généraliser, nous ne voulons pas transmettre des craintes à ces nouveaux arrivants sur le marché mondial, mais nous devons faire très attention à ce chapitre aussi, qui relève d'ailleurs de la santé économique pour tout milieu d'affaires, mais en règle générale, lorsque le soleil ne brille pas et que le ciel n'est pas bleu, par temps de tempête, et je ne dis pas „la tempête parfaite", une telle entreprise, assez téméraire et courageuse, devient incertaine et improbable ; 

9. Des mutations également significatives auront lieu au niveau du consommateur global, qui a connu et continue à connaître des changements majeurs, mais le changement de 2016 sera unique et la réaction du secteur économique devra être sur mesure - il devra abandonner la logique du marketing moderne pour s'orienter vers celle du marketing ultramoderne, adapté et corrigé en fonction des nouvelles réalités, qui se caractérisent notamment par une baisse de l'âge du consommateur, qui devient super-technologisé". 

En conclusion, selon monsieur Ionel Blanculescu, l'année 2016 sera difficile sur le plan économique et financier et si les États-Unis n'arrivent pas à imprimer un taux de croissance économique massive, à même d'influencer de manière décisive le marché global, aucune autre force économique telle que l'UE, la Chine ou le Japon ne pourra le faire.

Opinions des experts internationaux sur l'économie globale : 
Ruchir Sharma, Morgan Stanley Investment Management : „Attendez-vous à une récession au niveau mondial, en 2016" 
Dan Fuss, Vice-président de Loomis Sayles & Co : „Les revenus fixes sont confrontés à un chemin difficile" 
Thomas J. Lee, associé gérant chez Fundstrat Global Advisors : „Il faut savoir quel marché des capitaux suivre"
Rebecca Patterson, chef des investissements chez Bessemer Trust : „L'Union Européenne est confrontée à son plus grand défi à ce jour"
Jim Caron, associé gérant chez Morgan Stanley Investment Management : „Il faut s'attendre à une croissance"
Alan Patricof, cofondateur de Greycroft Partners : „Les unicornes auront leur moment - ou non" 
Russ Koesterich, chef de la stratégie pour les investissements globaux, chez BlackRock : „La recherche du rendement va s'intensifier"
Barbara Byrne, vice-présidente des investissements bancaires chez Barclays Capital : „Énergysez-vous !"
Tulio Vera, chef de la stratégie pour les investissements globaux, chez J.P. Morgan Latin American Private Bank : „Étudiez l'Amérique Latine !"
Joseph LaVorgna, économiste chef chez Deutsche Bank : „La croissance arrive... en 2017"
Mark Haefele, responsable chef des investissements globaux, chez UBS Wealth Management : „L'impact des investissements sera concentré sur le cancer" 
Yang Zhao, économiste chef chez Nomura Holdings : „La Chine sera OK"
Katie Koch, directrice exécutive chez Goldman Sachs Asset Management : „Pensez comme un Millénaire !" 
Erik Nielsen, économiste chef chez UniCredit : „Nous entendrons plus souvent «coûte que coûte» de la part de la BCE"

http://www.bucaresthebdo.ro/incertitudes-economiques-et-financieres-de-l...