L'ANALYSTE ECONOMIQUE IONEL BLĂNCULESCU: "LES JEUNES POUSSES SONT L'INDICATEUR REEL DES INVESTISSEMENTS ETRANGERS EN ROUMANIE"

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Luni, 09/03/2015

Lorsqu'on parle des investissements étrangers dans notre pays, il faut faire premièrement la distinction entre les investissements étrangers directs (IED) et les nouveaux investissements, de type jeune pousse, considère l'analyste économique Ionel Blanculescu.

 

Il nous a déclaré: "Toutes les analyses sont faites chez nous pour les IED, mais ces types d'investissements représentent des majorations et des réductions de capital, des financements, des capitalisations, etc., par la compagnie mère pour les subsidiaires de notre pays. Il y a une confusion entre ces IED et les nouveaux investissements, faits par les compagnies étrangères. On dit que les investissements étrangers diminuent, mais on prend en compte en effet seulement ceux énumérés ci-dessus (les IED). Que l'économie se développe, qu'on a un taux réduit du chômage, etc., ce sont des preuves claires que la tendance des investissements étrangers n'est pas en baisse. L'analyse est défectueuse, les investissements étrangers directs ne sont pas représentatifs".

Selon Ionel Blanculescu, les investissements étrangers proprement dits sur notre marché sont assez attractifs, des compagnies géantes développent leurs affaires en Roumanie. 

Il nous a dit que telles sociétés ont été développées dernièrement dans des domaines tels la métallurgie, la sidérurgie et la construction des véhicules: "Il y a des compagnies importantes, présentes en plus de 40 pays, avec quelques milles employés, avec le chiffre d'affaires supérieur à 15 milliards dollars, qui ont investi sur le marché des pièces auto de Roumanie, en développant 3-4 sociétés dans différentes locations du pays".

Ionel Blanculescu soutient que les investisseurs étrangers ne sont pas influencés significativement par le contexte politique et géostratégique, étant attirés par les mesures adoptés récemment par le Gouvernement. Parmi ceux-ci, il y a l'élimination de l'impôt sur le profit réinvesti, la réduction de la cotisation d'assurance maladie des employeurs, la possibilité d'attirer des fonds européens, le schéma d'aide d'état pour les jeunes pousses, le plan Junker et la création du Fonds Européen d'Investissements Stratégiques, de plus de 300 milliards euros, etc. 

"J'ai proposé dès le 2009 la constitution d'un Fonds Souverain d'Investissements de la Roumanie qui sera réalisé maintenant, qui supportera amplement les investissements étrangers en Roumanie et ceux roumains è l'étranger", nous a déclaré M. Blanculescu.

L'économiste spécifie que la tendance des investissements étrangers est croissante, en ajoutant que les dispositions annoncées dans le projet du nouveau Code Fiscal font déjà leur effet, même si elles n'ont pas été encore approuvées. 

"On connaît déjà l'impacte des mesures fiscales que le Gouvernement a l'intention d'adopter. Elles ont été très bien reçues par les investisseurs. Des relâchements fiscaux comme la réduction de la TVA, l'élimination de l'impôt sur les dividendes et la réduction de la cotisation pour l'assurance santé réduiraient l'évasion fiscale et amplifieraient la consommation et, dans ce contexte, les investisseurs deviendront plus compétitifs", nous a déclaré Ionel Blanculescu, en ajoutant que "les jeunes pousses représentent le véritable indicateur des investissements étrangers de notre pays".

En précisant que des investissements sont prévus dans les domaines IT, des logiciels, auto, l'analyste économique transmet un message positif sur le niveau des investissements étrangers chez nous.

Lionachescu: "Il faut travailler sur l'infrastructure et sur l'état de droit"

Doru Lionachescu, le président Capital Partners, semble contredire Ionel Blanculescu, en soulignant qu'il n'a "aucune solution magique" pour la croissance du niveau des investissements étrangers. 

Dans la période de crise, la perception des investisseurs sur les marchés émergents, comme celui du notre pays, s'est radicalement modifiée, considère-t-il. Si avant le 2008 il y avait la conviction que les économies émergeantes se développeraient à long terme constamment, plus que celles évoluées, les investisseurs sérieux se sentant obligés d'être présents sur ces marchés, dans les années de la crise cette perception n'a plus été validée, parce que ce sont toujours les pays avancés qui se sont développés, estime Doru Lionachescu, en précisant: "Dans ce contexte, les investisseurs font leurs bagages et s'en vont. Beaucoup de pays se sont montrés des démocraties fragiles, comme l'Ukraine, où les investisseurs ont perdu tout ce qu'ils avaient édifié dans les dernières années sur le marché respectif. Il y a un haut degré d'instabilité et de corruption en Ukraine, de plus il y a la réalité géopolitique et l'apparition de "la force maléfique des tensions internationales ", selon le président de Capital Partners.

Doru Lionachescu nous a déclaré: "Je ne m'attends pas à des miracles en ce qui concerne l'évolution des investissements étrangers, mais il faut développer au moins deux choses élémentaires : l'infrastructure - et je parle de l'infrastructure de transport, d'éducation, des services, de la santé (des attributions du Gouvernement) - et l'état de droit - pour pouvoir stabiliser un milieu où la propriété et la liberté individuelle soient protégées et l'acte juridique soit prédictible".

Le spécialiste considère que la fiscalité et la bureaucratie ne sont pas relevantes quand il s'agit que les investisseurs commencent de nouvelles affaires : "Les gens ne s'orientent pas selon les coûts marginaux les plus bas, mais ils vont dans l'endroit où il y a un contexte favorable et des risques quantifiables".

Doru Lionachescu dit que notre capacité d'attirer des investissements étrangers se place probablement à environ 2 milliards euros (le flux net des IED en 2013 a enregistré le niveau de 2,7 milliards euros par rapport à près de 9,5 milliards euro - la valeur des entrées nettes de IED en 2008, selon la BNR).

Récemment, James Hyslop, le directeur pour la Roumanie de la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD) a dit dans un interview accordé au journal BURSA que la banque prépare une nouvelle stratégie pour notre pays, une direction prioritaire en étant le développement de l'infrastructure, pour stimuler les investissements étrangers.

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