"LES EFFETS NEGATIFS GENERES PAR LE BREXIT ONT ETE LARGEMENT SOUS-ESTIMES"- BUCAREST HEBDO

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Marti, 25/10/2016

Les effets négatifs générés par le Brexit ont été largement sous-estimés, apprécie l'analyste économique Ionel Blanculescu, Senior Advisor au sein de Global Resources Partnership, pour la Roumanie, la Turquie et les pays du Centre et du Sud-Est de l'Europe, lors du 23ème Congrès Mondial de l'Énergie la semaine passée, à Istanbul.
En nous expliquant les scénarios liés à l'achèvement du Brexit, il nous a transmis : « Des discussions informelles que j'ai eu avec des personnalités de la Grande-Bretagne, des voix autorisées, présentes au Congrès Mondial de l'Energie d'Istanbul, on a dévoilé pour la première fois la manière de gestion par le Gouvernement britannique du sensible et difficile sujet du Brexit. »
Ionel Blanculescu souligne que l'opération comporterait deux étapes : « la première serait le déclenchement des procédures de Brexit, en activant l'article 50 du Traité de Lisbonne de l'Union européenne, probablement à partir de 2017, avec ou sans l'approbation du Parlement britannique, invoquant la forte pression politique sur ce sujet devenu déjà fondamental, pour la société britannique.
La deuxième étape, que le grand public ne connait pas aujourd'hui, serait, suite aux effets négatifs en cascade, extrêmement nuisibles pour la Grande-Bretagne, l'organisation d'un nouveau refe-rendum, où le peuple britannique devrait répondre à la question s'il serait d'accord avec le Brexit maintenant qu'il connait les effets négatifs, qui ont affecté structuralement surtout l'économie du Royaume-Uni, et la population de la Grande-Bretagne répondra dans une majorité écrasante avec non, donc le Brexit ne se produira plus, annulant le résultat du premier referendum. »
Ionel Blanculescu dit que, si les expectations faisaient référence aux effets relatifs à la dévalorisation de la livre sterling, personne n'a soupçonné ou anticipé l'envergure et l'intensité des autres effets négatifs, « beaucoup plus grandes et destructifs que personne aurait pu s'attendre » : « Autrement dit, les effets négatifs générés par le Brexit ont été largement sous-estimés, et certains n'ont été ni même envisagés ou esquissés, apparaissant entre temps et frappant fortement l'économie du Royaume Uni. »
L'analyste économique a conclu : « Pour conclure, ce que j'ai dit avant le déclenchement du referendum, à savoir que le Brexit n'existera pas, se confirme, s'il en sera besoin encore. »
La livre sterling s'est dépréciée, ces jours, sur les marchés extérieurs, à cause des craintes liées à une sortie « dure » de la Grande-Bretagne de l'Union européenne, ce qui a déterminé les stratèges des devises à modifier en baisse leurs estimations à long terme pour le taux de cette devise. La livre n'a plus réussi à s'apprécier après le déclin de la semaine passée, pourvu que les politiciens britanniques, à commencer par le premier ministre Theresa May, n'ont pas réussi à clarifier la manière dont le gouvernement de Londres vise à négocier la sortie de l'UE.
Au début de ce mois, Theresa May a annoncé, au Congrès annuel du Parti Conservatoire, que la Grande-Bretagne activerait au cours du premier trimestre de 2017 l'article 50 du Traité de Lisbonne, qui établit une période de deux ans de négociations de la retraite d'un pays du bloc communautaire. Dans ces conditions, le Royaume Uni quitterait l'UE d'ici 2019. 
Le ministre britannique de l'Économie Philip Hammond a reconnu, dans le contexte, que l'économie du pays ferait face aux moments de turbulence pendant les négociations, qu'il a comparé avec un « montagne russe ».
La banque hollandaise ING Groep NV estime que la livre aura un taux de 1,22 dollars à la fin de cette année, contre 1,25 dollars, l'estimation antérieure.
Selon JPMorgan Chase & Co., la livre baissera à 1,21 dollars jusqu'à la fin de l'année, par rapport à 1,32 dollars, qu'il estimait avant. En même temps, Julius Baer Group Ltd. trouve que la livre s'arrêtera à 1,24 dollars à la fin de 2016, contre 1,29 dollars selon ses estimations antérieures.
Dans le contexte des craintes que le Royaume Uni serait fortement affecté du point de vue économique suite à la sortie de l'UE, la corrélation entre la livre sterling et un indice des devises des pays émergeants est parvenu à un taux record.

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