"LES PROJETS DE MODERNISATION DU "PETIT PARIS", REJETES PAR LA MAIRIE"- BUCAREST HEBDO

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Luni, 11/01/2016

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Un nouveau scandale entre les autorités et certains résidents de Bucarest a éclaté récemment sur les projets qui envisagent la transformation de la Capitale de la Roumanie dans une ville touristique, avec des endroits de promenade, des tracés pour les cyclistes, avec l' « aération » de la ville par l'édification de plusieurs parkings souterrains.

Suite à ce scandal, les members du Conseil Général de la Municipalité de Bucarest ont rejeté, le 29 décembre 2015, les six projets ayant rapport avec les plans d'urbanisme projetés pour la zone centrale de la Capitale. Le vote a été précédé par une série de débats et de prises de parole, où les locataires ont eux-aussi pris part pour mettre en doute l'opportunité des travaux prévus, notamment dans la zone du boulevard Unirea.

Le nouveau visage du « Petit Paris » aurait du être prêt dans une dizaine d'années, comme les représentants de la Mairie l'indiquent, mais les habitants de la zone et certains experts sont d'avis que ce projet ne doit pas être démarré, parce que, selon leur opinion, il éliminerait l'espace vert de la zone centrale de la Capitale. 

Le Plan Intégré de Développement Urbain (PIDU) concernant la zone centrale de la Capitale représente la stratégie qui veut changer le visage de Bucarest et un tremplin vers d'autres projets similaires à ceux envisagés par le PIDU.

L'élaboration de ce Plan a été initiée en 2010, plusieurs projets individuels étant proposés au cadre de la stratégie de développement, dont 60 projets et sous-projets ont été approuvés par une Décision du Conseil Général du 2012. 

Parmi les projets très critiqués par les habitants de Bucarest, il y a ceux qui concernent la restauration du périmètre Piata Constitutiei - Bulevardul Unirii.

Les représentants des associations des locataires de ce boulevard ont exprimé leur désaccord total par rapport à la réalisation des plans de la mairie, au cadre d'une longue lettre envoyée au maire général de la Capitale. 

Ils soulignent: « Par cette lettre (...) on s'oppose avec véhémence à l'approbation et à la réalisation de ce projet. Actuellement, on a une petite forêt sur le Boulevard Unirii, des chênes et des tilleuls principalement, qui a eu besoin de 30 ans pour croître, et qui, sur une longueur d'environ 600 mètres et une largeur de 20-30 mètres représente un poumon vert de la ville dans une des zones les plus polluées de Bucarest, avec des gros investissements dans l'illumination des allées, dans le réseau des cables et de tuyauterie pour l'irrigation des arbres et de l'espace vert relatif, des sommes qui incluent les taxes et les impôts payés par les citoyens de Bucarest. 

Veuillez observer que les propriétaires d'immeubles et les habitants (...) considèrent le Projet Urbanistique Zonal Piata Constitutiei - Antim - Bulevardul Unirii un véritable attentat contre la santé de tous les habitants de la ville (...). Le projet ne tient pas compte de l'intérêt supérieur de la santé et de la sécurité des personnes, un principe prioritaire appliqué dans l'UE. 

En vertu de la documentation qui se retrouve sur le site de la Mairie Générale de Bucarest (...), ce projet impliquera la destruction d'un grand nombre d'arbres existants actuellement dans la région envisagée. 

La documentation publiée sur le site de la Mairie Générale ne contient pas des dessins techniques ou schémas, des preuves biologiques de spécialité et des preuves photo qui soutiennent les affirmations (...) selon lesquelles un grand nombre de tilleuls et de chênes sont dégradés et ne peuvent pas être récupérés, ce qui imposerait leur abattage. En conclusion, la déforestation en masse a été décidée pour les arbres de Bulevardul Unirii - Antim - Piata Constitutiei sans aucune expertise dendrologique. (...) Cela serait une intervention agressive sur l'environnement et sur les gens, en intérêt commercial : abattre des arbres, éliminer les espaces verts et les remplacer par du béton et leur donner une autre destination, qui augmentera la pollution par des le trafic routier et les espaces d'alimentation publique et d'hygiène, le niveau du bruit à cause des espaces des services d'alimentation publique (de la musique pendant le jour et surtout après les 22,00 heures, le bruit produit par les consommateurs), des toilettes publiques placées à quelques mètres des fenêtres des habitants, etc. »

Les résidents de la zone ne sont pas d'accord, parmi les autres, avec la constitution d'une zone permanente pour l'organisation des spectacles en Piata Constitutiei ou sur le Boulevard Unirii et n'approuvent pas l'aménagement des pistes pour les bicyclettes au milieu de l'allée pour les piétons ; ils ne sont pas d'accord avec le transfert du trafic routier sur une seule partie du Boulevard Unirii, ni avec la réduction du nombre des voies ; ils n'approuvent pas l'élimination des zones existantes pour les parkings, la réduction ou l'élimination de l'espace vert voisin au Palais de la Justice pour la création des parkings souterrains.

Le projet urbanistique qui envisage la zone comprise entre Piata Constitutiei et le magasin Unirea est un « mégalomaniaque, sans aucun fondement réel », considère l'analyste économique Ionel Blanculescu. Il considère ce plan des autorités comme « le deuxième grand crime après le massacre des tilleuls de Iasi, cette fois pour détruire une véritable forêt de chênes et de tilleuls, au cœur de Bucarest ».

Monsieur Blanculescu a ajouté : « Nous comprenons que des millions d'euros ont été dépensés déjà avec ce projet et que, s'il ne serait pas réalisé, quelqu'un devrait rembourser la Mairie Générale, mais cela ne justifie pas la destruction de la zone verte, de la forêt, ni pour des dizaines de millions d'euros, dans les conditions où notre capitale souffre énormément pour la sécurité des immeubles et de la tuyauterie pour l'eau chaude, non consolidés, respectivement non remplacées, suite à la mauvaise utilisation des fonds publiques vers ce type de démolitions et de destruction des forêts ».

Patrascu, l'architecte en chef de la Capitale : « Seulement les arbres déjà détruits seront abattus »

Nicusor Dan, le président de l'Union « Salvati Bucurestiul (Sauvez le Bucarest) », connu pour la manière ferme dans laquelle il s'est opposé à d'autres occasions au déroulement de certains projets d'urbanisme ou d'infrastructure, justement pour ne pas détériorer certaines zones de la Capitale, ne se montre pas aussi véhément. 

Il nous a déclaré: « Le projet ne semble pas être une escroquerie immobilière, au contraire, il semble un projet intéressant. Les résidants ont leur raison aussi, parce qu'ils ne veulent pas se voir dans des situations où des spectacles seront déroulées sous leurs fenêtres, parce que ce projet créera les prémisses de l'organisation des spectacles très près des appartements ».

Tant les représentants de la Mairie de Bucarest que les architectes qui ont travaillé au projet soutiennent que les arbres de la région ne seront pas abattus, au contraire, le PUZ prévoit la plantation de nouveaux arbres. 

Selon Gheorghe Patrascu, l'architecte en chef de la Capitale, le projet détient l'avis d'environnement et « seulement les arbres détruits déjà seront abattus ».

Il nous a dit que l'investissement devrait se dérouler en quatre étapes, pendant environ dix ans. 

« Dans la première phase, le parking souterrain de Piata Constitutiei sera construit et nous allons aménager la place. La seconde étape éliminerait deux voies routières latérales, pour élargir la zone centrale, lieu de promenade. Le troisième pas constatera dans le passage du transport en commun sur la voie dédiée, si celui-ci se développera. Probablement seulement le transport en commun y restera et les autres véhicules seront redirigés vers l'anneau central. 

Ultérieurement, des kiosques/ terrasses seront aménagées, à condition qu'elles sont placées seulement dans les espaces du rez-de-chaussée que les gens n'utilisent pas », nous a expliqué monsieur Patrascu.

L'architecte nous a précisé que le projet devrait être avisé ce mois par le Conseil Général de Bucarest, qui veut attirer des fonds européens pour environ 60% de l'investissement.

Selon son avis, les controverses apparues par rapport aux plans d'aération et de modernisation de la Capitale représentent le résultat des intérêts des différents architectes qui n'ont pas été impliqués dans le projet. 

L'architecte Mario Kuibus, le coordinateur du Plan Intégré de Développement Urbain - « Zone Centrale » de Bucarest nous a précisé que le PUZ en discussion « détient absolument tous les avis, obtenus selon un audit très bien réalisé, parce qu'une procédure d'infringement par rapport à l'environnement a été ouverte par une ONG, qui affirme que les projets sont élaborés à la limite de la loi ».

Pour obtenir les avis respectifs, une procédure a été déroulée par les représentants de l'environnement « qui ont déroulé un audit très sérieux par lequel le projet a été vérifié », a complété Mario Kuibus.

Au début du mois de décembre, M. Kuibus nous a dit: « Il y a de grandes surfaces vertes qui seront plantées supplémentairement à celles existantes, qui resteront en place. Non seulement que toute la zone verte sera conservée telle quelle, mais d'autres arbres y seront plantés et les véhicules disparaîtront, parce que les parkings seront tous souterrains. C'est une zone abandonnée justement parce qu'elle n'est pas attractive. Il n'y a pas de transport RATB, les piétons n'ont accès ni aux fontaines, ni à l'espace vert. Le projet prévoit la création de deux ponts qui amèneront des flux forts de gens - Le Pont Calicilor et le Pont pour les Piétons.

Les études de faisabilité sont terminées, on attend les fonds européens de l'Agence pour le Développement Régional. Si le PUZ ne sera pas approuvé, les études de faisabilité seront bloquées et tout le travail est inutile ».

Tout l'investissement s'élève à environ 300 millions euros, selon monsieur Kuibus.

Lors de la réalisation des projets compris dans le PIDU, a travaillé un consortium composé par environ 11 sociétés, dans la plupart d'architecture et d'urbanisme.

http://www.bucaresthebdo.ro/apres-le-scandal-de-locataires-les-projets-d...